Sarah Moon

Culture Photographique

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malgré le confinement.

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C’est là que nous faisons appel à vos commentaires.

Une façon d’augmenter notre culture photographique, de continuer à échanger entre nous, de ne pas laisser ce virus étouffer notre passion.

Sarah Moon

J’ouvre le feu en vous faisant part d’un extrait d’interview de Sarah Moon (
http://www.artnet.com/artists/sarah-moon ) que j’ai entendu sur France Inter, un matin en septembre ou octobre, je ne sais plus.

“le cadre isole. Ce qui est dans le cadre est chargé de sentiments. C’est sa propre réalité qu’on met en scène”.

Sarah Moon

Voilà, vous avez 4 heures ;).

Rendez-vous dans les commentaires (juste en dessous) pour y écrire ce qu’évoque pour vous ces paroles, si cela vous parle ou pas, si cela appelle en vous des réactions., des envies, des désirs de partager votre expérience… du cadre… pour ce chapitre précis.

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11 réflexions sur « Sarah Moon »

  1. Le cadre isole a tout point de vue : c’est le principe de la photo, encore plus que la peinture. Il fige et compresse spatialement et temporellement une réalité supposée. Comme disait Louis Daguerre tout surpris de sa découverte : “J’ai saisi la lumière au passage et l’ai enchainée.” Quelque soit le sujet, même la nature dite morte, c’est un morceau de vie qui est tronçonné au 1/250eme de seconde, tronqué d’une dimension – mis à plat en 2D – et contraint par un angle de vue fermé – adieu la vision périphérique , on buttera inexorablement dans le cadre. Présenté comme cela c’est très décevant.

    Et pourtant : face à cette vision ainsi tronquée confinée dans un cadre, une photographie peut susciter chez moi de l’intérêt, un déclic, du désir, de admiration, de l’étonnement, de l’émotion, … ou rien du tout, ce qui est rare. Mes sentiments correspondent ils à ceux du photographe (ou de ce que lui ou le sujet a voulu faire passer) ? En regardant, je sais que je ne fais que fabriquer une réalité, virtuelle, en y mélangeant de mon vécu. Je regarde ce cadre comme au travers d’un trou de serrure, voyeur essayant de deviner une réalité qui fut, des intentions, des sentiments, pour finalement aboutir à cette reconstruction subjective, passerelle vers l’autre subjectivité, celle du photographe. Avec parfois la subtile sensation d’être manipulé … mais quand c’est bien mis en scène …

  2. Que dire sur le cadre, il délimite l’espace. Lorsque nous prenons une photo, derrière notre viseur nous faisons un choix. Ce choix n’est pas neutre il nous est guidé par nos sentiments, notre culture. Éduquer son œil est un élément important pour photographier.
    Cela me rappelle une interview de Jean-Louis Trintignant, parlant de la photo, il déclarait aimer faire des photos. Il parlait alors de photos argentiques et disait que quelques fois il ne mettait pas de pellicule dans son appareil. Il faisait semblant de prendre une photo pour le plaisir de cadrer.
    Lorsque je me promène sans appareil, mon regard reste à l’affut de ce qui m’entoure, de la lumière, des ombres, des contrastes, des reflets…je reste en éveil sans pour autant le penser, le vouloir. C’est l’intérêt que je porte à la photographie qui est le moteur de tout ça.
    Prolongeant la réflexion sur le cadre, je fais une remarque sur cet objet photographique que l’on enferme à partir du viseur. Lorsque l’on expose, la photographie se retrouve alors dans un cadre qui l’enferme, figeant le regard que l’on peut porter sur ce qui est montré. Personnellement je trouve plus ouvertes les photographies sans cadres. Notre esprit peu vagabonder on ne butte plus sur des lignes imposées, les couleurs débordent, c’est aller vers une sorte de rêverie.

  3. Dissertation.. Vannes, le 04/11/2020 à 21h35

    Sans le “sujet”, le photographe n’existerait pas et inversement sans le photographe le sujet n’existerait plus que pour lui-même et d’ailleurs il n’en demande pas plus!
    Pour moi seule compte l’émotion, ce fil ténu qui relie deux entités souvent étrangères, mais que l’instant d’une fraction de seconde, se fondent pour fabriquer un objet photographique qui restera unique. Et cette émotion, que certains appellent cadre, transpire dans le regard des spectateurs qui n’avaient pas été invités à la cérémonie magique de la prise de vue.
    Magie, émotion, amour des autres voila ce qui me porte quand j’appuie sur ce petit bouton froid , sans âme, mais que je supplie de confectionner rien d’autre qu’un “petit miracle”.

    Ouf j’arrête là mon discours, je commence à sécher, ma dernière dissertation ayant été écrite il y a plus d’un demi-siècle maintenant, je n’ai plus la main !
    PS: il est interdit de me noter

  4. “Le cadre isole. Ce qui est dans le cadre est chargé de sentiments. C’est sa propre réalité qu’on met en scène”. Sarah Moon

    Le photographe s’exprime dans un cadre, ce cadre est un des reflets de sa personnalité, de sa sensibilité, qui y sont donc, isolés dans le sens mis en exergue. Un instant de vie, cadré et contenant un sens, des sentiments… une photo donc.
    Cette photo, ce moment enfermé dans un cadre permet l’évasion pour ceux qui regardent. C’est une fenêtre ouverte sur le monde et sur nous-mêmes. Il permet contemplation, information, questionnement, j’en passe, et aussi émerveillement. C’est la magie de la photo, isolement, ouverture, expression, expression de la vie…

  5. Le cadre isole….Oui dirais-je! C’est une évidence. Il isole parce qu’il empêche de sortir du cadre.

    Pourtant il est agréable, voir pertinent de sortir du cadre mais le cadre l’interdit, cloisonne et enferme.

    En photographie sortir du cadre est-il de s’affranchir de quelques règles? Assurément mais sortir du cadre c’est aussi changer le cadre, le contourner pour y retourner car au final l’image doit tenir dans le cadre celui du papier, de l’image inscrite et gravée.

    Chaque photographe peut en faire sa propre expérience et mettre à l’intérieur du cadre des sentiments, des humeurs à travers les expressions, selon l’ambiance et la température des couleurs elles seront différentes.
    C’est peut-être ce que Sarah MOON veut dire quand elle dit »c’est sa propre réalité que l’on met en scène ».

  6. Il suffit de regarder les grands photographes pour pour voir combien ils mettent d’eux mêmes dans leurs images. Certains vont aller photographier frontalement, d’une manière très directe, d’autre vont suggérer l’horreur sans la montrer, d’autres provoquer ou tout esthétiser… La photographie est un véritable langage qui est propre à chacun. Il montre beaucoup de nous mêmes de nos préoccupations, de nos sensibilités.

  7. Je vais sans doute répéter les propos précédents, mais je dirais que de par sa nature, une photographie est limitée par la surface du papier.
    Cette surface limitée représente donc notre cadre et le photographe doit donc décider de ce qui va rentrer dans ce cadre et ce que l’on va exclure. Ce choix est personnel et peut donner une histoire bien différente.

    Le spectateur ne verra donc dans notre image qu’une interprétation (celle du photographe) de la scène réelle à laquelle il ne peut plus accéder.

    A ceux qui pensent que de retoucher ses photos, c’est le mal. Le cadrage est sans doute le premier acte de modification que tous les photographes réalisent à la prise de vue. Et sans cet acte personnel, la photographie ne pourrait pas s’élever au rang d’Art et ne serait qu’une technique capable de représenter le réel.

  8. Le cadre est sans doute le 1er élément le plus constitutif d’une photo. Il suffit de regarder à travers un viseur, avec n’importe quelle focale et vous avez déjà la première restriction et paradoxalement la première aide à la construction d’une photo. Car si le cadre isole, il exclut également. Il exclut tout ce qui n’est pas dans le cadre. Dans la dynamique de cadrer vous avez déjà le second élément qui s’invite presque malgré vous dans cet acte de photographier, de cadrer. A moins de ne parler que technique, les différentes focales qui cadrent, délimitent différemment tout en restant à la même place, il est peut-être insuffisant de parler de cadre sans évoquer la composition. Vous cadrez, vous composez. C’est ce qu’a voulu dire Sarah Moon en disant que le cadre est chargé de sentiments. Quand vous cadrez avant de déclencher, vous “déclenchez” en vous la créativité., ce désir, ce besoin de créer. Bien que ce vous photographiez existe sans vous, l’action de cadrer vous permets de revisiter ce que vous voyez, de vous l’approprier et d’accéder aux premières marches de l’art : la création. Vous “mettez en scène votre propre réalité”. J’ai toujours aimé cette drôle de maxime ou formule qui assène : “il vaut mieux avoir un cadre à pousser que pas de cadre du tout”. Sans lui, sans ce cadre, peut-être serions perdu dans un tout sans pouvoir en attraper un petit bout ?
    Je remercie chaleureusement notre première contributrice et notre premier contributeur à cet échange !

  9. “Le cadre isole. Ce qui est dans le cadre est chargé de sentiments. C’est sa propre réalité qu’on met en scène”. Sarah Moon
    En complément, j’ajoute qu’il arrive d’utiliser ce cadre comme élément constitutif de la photo. C’est parfois le cadre en lui même qui devient partie du sujet. Dans ce cas, le cadre n’isole pas, il participe a à la construction.
    Mais il est vrai que le plus souvent, le cadre possède la capacité de modifier la réalité banale en “isolant” un sujet de son environnement distrayant.
    Au lieu de “sa propre réalité”, j’aurais dit “sa réalité personnelle”

    À vos plumes

  10. Voici ce qu’évoquent pour moi ces mots de Sarah Moon:

    Lorsqu’on prend une photo, on cherche à traduire ce que l’on voit, à retenir ce que l’on ressent devant une scène, un paysage…
Le choix du cadrage va nous permettre de ne conserver que ce qui est nécessaire.
Tout ce qui ne participe pas à l’expression de notre vision va diluer la force de notre image et nous éloigner de notre but.

    Cadrer, c’est donc isoler le sujet pour le rendre plus lisible.

    Les éléments que nous allons inclure dans notre cadre sont ceux qui vont apporter du sens à notre image, ceux par lesquels nous allons tenter de transmettre notre propre émotion, notre propre vision.

    La vision, ce n’est pas seulement ce que nous voyons mais comment nous le voyons.

    Elle est propre à chacun.
    Elle est le reflet de notre vécu et de notre sensibilité.


    Dix photographes devant une même scène prendront dix photos différentes, chacun avec sa propre vision.

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